lundi 17 septembre 2018

Faust

«Il se peut aussi que la consommation faible à modérée
pendant la grossesse soit vraiment bénéfique,..»
C'est dans le chapitre "Discussion" de cette «Revue systématique des effets d'une exposition prénatale à une consommation faible à modérée sur l'issue de la grossesse» que cela se trouve : https://obgyn.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1471-0528.2006.01163.x.
Une méta-étude parue dans BJOG, un journal international d'obstétrique et de gynécologie.
On trouve aussi ceci (un peu plus haut) : «De petites quantités d'alcool semblaient avoir un effet légèrement protecteur sur plusieurs des résultats, y compris la mortinatalité, le RCIU et le poids à la naissance. Les bébés des femmes abstinentes avaient donc de moins bons résultats que les femmes ayant consommé de petites quantités d'alcool.»
Et dans "Résultats" : «La recherche a abouti à 3630 titres et résumés, qui ont été réduits à 46 articles pertinents. À des niveaux de consommation faibles à modérés, l’alcool n’a eu aucun effet significatif sur les résultats examinés
Saluons les anglo-saxons qui continuent à s'interroger, à chercher !
Et cela en toute liberté d'esprit...

En France, c'est l'obscurantisme, l'oukase, la fatwah, la "loi sèche".
Le zéro absolu et définitif : on ne veut pas savoir !
Pour démonstration,  lisons ces propos hallucinants : « Ainsi, et cela a été rappelé par des études de compilation de résultats (on appelle cela des "méta-analyses"), aujourd’hui on ne sait pas identifier à l’échelle collective un niveau de consommation dont on puisse assurer qu’à l’échelle individuelle il est absolument sans danger pour le bébé. Et d’ailleurs, est-ce que déterminer un tel seuil serait véritablement  pertinent ?  À qui viendrait-il à l’idée de chercher la plus petite dose que l’on  pourrait consommer pendant la grossesse d’un produit totalement dispensable mais tératogène et foetotoxique ?  Pour quelle autre molécule se poserait-on une telle question
Page 13 : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/les_actes_saf.pdf.
Bon, ne voyons pas tout en noir : il est néanmoins vrai que l'on trouve bien encore quelques traces d'indépendance à l'égard du prohibitionnisme....
Par exemple : «Un risque de troubles cognitifs et comportementaux chez les enfants n’est apparent que pour des consommations régulières d’alcool à partir de 2 verres standard par jour
C'est ici : http://www.prescrire.org/fr/3/31/47196/0/NewsDetails.aspx.
Mais il faut quand même noter que l'article date de bien avant l'arrivée de Mme Buzyn au Ministère de la Santé.
Et même à la Haute Autorité de Santé.
Cela étant dit, il n'a pas été supprimé : déjà pas mal !

Refusons-nous quand même à oublier un petit pays européen partiellement francophone qui résiste encore et toujours à la cocacolonisation mentale... comme les valeureux Helvètes résistèrent jadis aux troupes de César.
En particulier lorsque lesdits propos émanent de l'Institut Suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies : http://www.prevention.ch/alcooletgrossesse.pdf.
Ceux-ci, par exemple : « Selon le stade de développement de l’embryon/du fœtus, une exposition excessive à l’alcool, qu’elle soit chronique et/ou occasionnelle, peut entraîner des lésion organiques et neurologiques.» (p.1)
Ou encore : « Toutes les formes d’exposition de l’enfant à l’alcool in utero n’entraînent pas des atteintes graves à sa santé.» (p.3)
Dans la même page, il est intéressant de tirer les enseignements des chiffres indiqués dans la réponse à la question : «Quelle est la fréquence des dommages dûs à l’alcool chez les nouveau-nés?».


Enfer et damnation !!!
Bref, la France reste LE pays « where the wine is damned» !
À ce sujet : nous ne sommes pas experts en matière de théologie, et, par conséquent, nous voudrions demander aux spécialistes si le fait de damner volontairement son «âme» ne serait pas quelque peu... faustien ?
Une question qui ne se pose pas aux infernaux ennemis du «divin breuvage» : pour eux, c'est «Faust qu'il faut» !


Article lié  
«Découverte importante : une molécule naturelle, connue depuis 80 siècles, aide le cerveau à apprendre !» (voir chapitre II : «Et si tout commençait "in utero" ?»)


Nota Bene :
Cet article a été inclus dans notre dossier "Picto" (nº10)

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