lundi 2 novembre 2015

Viande et cancer

Le CIRC, c'est le Centre International de Recherche sur le Cancer.
Comme son nom l'indique,  c'est un organisme international.
Mais il a son siège à Lyon.
Et Lyon, c'est en France.
Et en France,  il semble y avoir quelque chose dans l'air qui rend spécifiques les conclusions d'études et rapports qui concernent l'alimentation.
Et notamment le vin.
Par exemple, nous avons vu il y a quelque temps que pour une certaine Mme Hill,  de l'institut Gustave Roussy, à Villejuif (en région parisienne), à consommation sensiblement égale,  l'alcool provoquait 13 fois plus de décès en France qu'au Danemark pour les hommes et 5 fois plus pour les femmes, soit 9 pour la moyenne "unisexe".

Pour revenir au CIRC,  la semaine dernière, il provoquait un grand émoi dans les médias en indiquant que la consommation de viande rouge pouvait être cancerogène.
Et en insistant sur le cas des viandes transformées.
Beaucoup de commentaires rappelleront que ce fait est connu depuis longtemps, ce qui apparaît dans les propos de Stéphane Le Foll, un ministre de l'agriculture beaucoup moins hâtif à réagir lorsque les mêmes milieux s'attaquent à une certaine autre  production agricole : http://www.lepoint.fr/politique/charcuterie-et-viande-rouge-le-foll-met-en-garde-contre-la-panique-26-10-2015-1976868_20.php.
Effectivement, le rapport du World Cancer Research Fund 1997 en parlait déjà.
Et réitérait 10 ans plus tard comme on peut le lire dans les recommandations 2017 (5º recommandation) : http://www.dietandcancerreport.org/expert_report/recommendations/.

Mais avec une différence notable : quand il parle de "viandes transformées" (les plus mises en cause) le CIRC cite «les hot-dogs (saucisses de Francfort), le jambon, les saucisses, le corned-beef, les lanières de bœuf séché, de même que les viandes en conserve et les préparations et les sauces à base de viande» : (page 1, 2º question)  http://www.iarc.fr/en/media-centre/iarcnews/pdf/Monographs-Q&A_Vol114_F.pdf.
Mais pas les "burgers" !
Alors que c'est le premier exemple que donne le WCRF (page 379, environ au milieu de la colonne de droite) :
Les burgers : le symbole même de la junk food !
Celle que le WCRF recommande de «consommer avec parcimonie ou même d'éviter».
«Éviter la fast food» écrivait en tous lettres la Ligue Nationale Contre le Cancer dans sa traduction... à l'époque (lire notre note "La Ligue dans le rang").
Et qui tend, liquide compris, à se substituer, en France comme un peu partout dans le monde, à se substituer à la gastronomie traditionnelle.
Un malbouffisation consécutive au phénomène que certains, dans les années 1950, appelèrent "cocacolonisation".
Ainsi que l'oenophobisme, évidemment.

Cela étant dit, comment, dans notre pays, un organisme subventionné pourrait-il qualifier les burgers de cancérigènes quand Mme la Ministre de la Santé elle même déclare qu'en consommer un de temps en temps «ne peut pas faire de mal» ?
19mn 54sec  : http://www.dailymotion.com/video/x381o1c_marisol-touraine-morano-ferait-mieux-de-se-taire_news#tab_embed.

Mais faut-il lui en vouloir ?
Qui pourrait demeurer indemne après plus de 3 ans d'immersion dans l'un des milieux les plus cocacollaborationiste du monde ?
Nous ?
Même pas sûr...

Nota Bene : nous ne sommes pas les seuls à nous être étonnés que le CIRC ne cite pas les hamburgers parmi les produits dangereux.
Exemple : http://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/20151026.OBS8308/le-risque-de-developper-un-cancer-en-raison-de-la-charcuterie-reste-faible.html (fin du 1º chapitre).

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