lundi 21 janvier 2013

Quelqu’un induit le Président Hollande en erreur !

Du moins selon cet article du Monde concernant le lancement d'un 3° Plan Cancer.

En effet, comment vouloir réduire les inégalités face au cancer et ne pas faire de la malbouffe ( notamment sous sa forme liquide), a minima la seconde « cible de ce plan» derrière le tabac ?
 Et encore... cela en restant dans un type statique d'analyse, c'est à dire sans tenir compte des dynamiques de consommation.
Et aussi en se cantonnant au risque cancer, car si l'on cumulait toutes les maladies elle devrait, cette alimentation délétère, être de loin la première cible, étant de loin la première cause de mortalité évitable : LIRE.

 Nous prions nos fidèles lecteurs de nous faire l'amitié de suivre le raisonnement.

a) Le surpoids et l'obésité sont (hors tabac) les premiers facteurs de cancer
  On sait depuis assez longtemps qu'il y a un lien étroit entre obésité et incidence du cancer : la lecture de cet article de 2006 le démontre (lire la dernière phrase du premier paragraphe) mais cela aussi commençait à apparaître clairement dans le rapport du World Cancer  Research Fund  en... 1997 ! ( Document en notre possession)
 En 2007, le même WCRF indiquait en toute première recommandation qu'en matière de prévention nutritionnelle et en ce qui concerne le cancer, il fallait éviter le surpoids et l'obésité : lire cette traduction par la Ligue Nationale Contre le Cancer.
 Comment faire ? Commencer par éviter les boissons sucrées et "la fast-food" ( 3° recommandation).
 La recherche ayant progressé depuis, nous l'indiquions la semaine dernière, la piste d'un lien moléculaire entre obésité, diabètes et cancer se précise de plus en plus : abstract;
 Et c'est au travers de la propension des boissons sucrées à générer sur-poids et obésité que le Pr Philp James, membre du  panel d'experts ( 7° nom) du WCRF, déclarait récemment face à la caméra de l'émission « Cash Investigation» que «chaque canette de soda augmente le risque de cancer de 60%» !
 Et une canette ne fait souvent qu'en précéder une autre, tant les boissons sucrées ont le pouvoir de déjouer le mécanismes de satiété : LIRE.
                                                                                                                                                                                         
b) Le surpoids et l'obésité concernent la population de manière très inégalitaire
Prenons les résultats de l'enquête nationale ObEpi-Roche 2012 sur l'obésité et le surpoids, la meilleure référence en ce domaine : http://www.roche.fr/portal/roche-fr/obepi_2012_.
Allons à la rubrique : « Évolution de la prévalence de l'obésité en fonction du sexe, âge et revenus », à peu près au milieu du document. On constate lors que pour les personnes disposant d'un revenu :
- inférieur à 1200 €/mois la prévalence de l'obésité concerne 24,1% de la population
- compris entre 1201 et 2300 €/mois ce taux ne représente plus que de 17,9%
- compris entre 2301 et 3800 €/mois, il n'est plus que de 14,1%
- supérieur à 3800 €/mois : 5,9% !

 Plus de 4 fois plus dans les catégories sociales les plus défavorisées comparées aux plus aisées !
Et alors que pour celles-là ce taux a pratiquement doublé en 15 ans, pour celles-ci il n'a augmenté "que" d'environ 40%.
 Naturellement, au sein de chaque catégorie sociale, chaque tranche d'âge est concernée et en particulier les enfants, les plus ciblés par la communication de la junk food.
 Si on reprend les chiffres de l'enquête citée, un simple calcul démontre qu'en ce qui concerne la population adulte totale la prévalence de l'obésité a augmenté de 36% sur les 10 dernières années alors que, selon les propos d'une diététicienne particulièrement concernée elle a doublé chez les enfants dans la même période.
c) En synthétisant ces données (a et b), il est évident que l'inégalité sociale devant le risque de cancer s'explique aisément

d) Cette inégalité risque fort de s'accroître encore si on continue à s'en prendre au vin
 Certaines études tendent à montrer qu'à l'instar des boissons sucrées, les boissons alcoolisées serait également cancérigènes... mais tout de même un peu moins tout de même puisque les premières sont, par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer, recommandées comme "à éviter" alors que les secondes sont "à limiter".
 Ceci n'aurait rien de vraiment étonnant puisqu'après tout la molécule d'alcool n'est autre chose qu'une demi-molécule de sucre allégée en dioxyde de carbone qui s'échappe au cours de la fermentation, avec aussi dégagement de calories :
                 C6H12O6 → 2 C2H5OH + 2 CO2 + 25,4 calories sous forme d'ATP.
Est-ce également pour cette raison que les 2 molécules sont reconnues présenter des propriétés inverses l'une de l'autre en matière de protection cardio-vasculaire ?
 Le vin est une boisson alcoolisée, mais il ne serait pas pertinent de pousser trop loin l'amalgame.
Et de perpétuer une stigmatisation rémanente depuis les années 1950 (début de la cocacolonisation : un hasard ?).
 En effet, il est important de noter que le vin (comme le cidre ou le poiré) est un jus de fruit fermenté et qu'à ce titre il comporte un grand nombre de polyphénols bénéfiques ce qui en fait une boisson alcoolisée quelque peu "à part".
 De la même manière que les jus de fruits sont des boissons sucrées "à part", ce qui explique sans doute pourquoi selon le
WCRF ce sont les seules boissons sucrées qui ne sont pas "à éviter" mais simplement "à limiter" comme les boissons alcoolisées (voir dernière phrase en fin de 3° recommandation, avant l'encadré, page 7 de la version UNICEF).
 Cet "effet fruit" a été mis en évidence par l'études CANCERALCOOL  de Mme le Dr Dominique Lanzmann : lire son interview.

 D'autre part, il ne faut pas oublier que le vin se consomme généralement au cours des repas, ce qui correspond à merveille à la préconisation du WCRF : "If drinking, do so only with meals".
 Voir lignes Alcoholic drinks", à peu près au milieu du tableau page 357 du rapport intégral.

 Enfin, il est utile de faire la comparaison entre les degré inégalitaires selon les catégories sociales d'exposition à l'obésité et au cancer et leurs différents taux hebdomadaires de consommation de vin selon le second tableau de la 3° page de ce rapport CREDOC.
( Nota Bene: le titre est désagréable mais ne nous surprend pas venant du CREDOC : voir notre article du 11/09/12).
 Un peu plus haut nous évoquions la piste de raisons directes expliquant ce genre de nouveau "paradox" : ce sont les gens qui consomment le plus de vin (tout en respectant individuellement les règles de modération) qui sont le moins exposés au cancer de la même manière que les courbes qui concernent  l'évolution du nombre d'incidences de cancers et celle de la consommation de vin sont inversement proportionnelles.
  Mais les raisons indirectes sont peut-être au moins tout aussi déterminantes.
On se souvient de l'étude de Copenhague  qui démontrait le lien entre consommation modérée de vin et alimentation de type souhaitable, presque comme s'il s'agissait d'un système homogène.
 Et après tout, pourquoi pas ?
Après tout, de l'autre côté, du côté délétère, la malbouffe forme également un tout, avec sa partie solide et sa partie liquide...
  Osons un néologisme : avec le vin, c'est la "bienbouffe" !

 Bien sûr on va nous dire : « Mais que craignez vous ? Le vin n'est pas cité dans l'article du Monde qui a éveillé votre intérêt, seulement l'alcool.»
 Nous l'avons déjà dit, "chat échaudé craint l'eau froide" et nous souvenons de l'attaque de février 2009 : RAPPEL.
Et puis, d'ores et déjà, parler à nouveau d'alcool en 'oubliant" les boissons sucrées nous paraît typiquement... INCa-lifiable !
Notre proposition
 Le principe en est simple : soumettre les différents produits à fiscalité comportementale en fonction de leur dangerosité avérée.
 Il paraît tout de même impensable de constater que ceux qui constituent en réalité la première cause de mortalité évitable (voir plus haut) bénéficier du taux le plus réduit de TVA en tant que produits de première nécessité !!!
 Un paradoxe que Mme Marisol Touraine devrait avoir à l'esprit alors que son ministère prépare le prochain projet de Loi de Santé Publique...

Question
 Le titre de votre article est «Quelqu'un induit le Président Hollande en erreur».
Qui cela peut-il bien être à votre avis ?
 Réponse
 Pas difficile : les membres de la galaxie cocacollaborationniste au service de l'industrie malbouffisante, bien sûr !
Il est à noter qu'ils ne sont généralement pas, pour leur part, membres des catégories sociales les plus exposées, qu'ils savent bien, eux, ce que leurs enfants ne doivent, de préférence, ni boire ni manger... et que certains d'entre eux possèdent de magnifiques caves à vin, excellemment approvisionnées et dont ils ont plaisir à se féliciter devant leurs amis !
 En cas de réussite de la prochaine tentative d'ultra-fiscalisation du vin, il ne seront pas personnellement touché en terme d'équilibre avantages-inconvénients par cette hausse catastrophique de prix, car ils ont déjà en réserve des propositions quant à l'utilisation des sommes ainsi perçues.
 Qui a dit qu'on ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux ?
Considération suppléméntaire
 Peut-être aussi est-il entré en compte la nécessité de ne pas nuire aux intérêts d'une grande entreprise malbouffisante appartenant indirectement à l'État : rappel Quick.

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